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Pourquoi je déteste me faire copier ?

    Durant les premières années de Luunka, la copie me mettait dans une colère noire. Avec le temps, j’ai appris à mieux gérer ces situations… mais cela ne les rend pas plus acceptables pour autant.

    Aujourd’hui je ressens le besoin d’en parler, de poser des mots sur quelque chose de profondément violent dans le monde de la création et de rappeler qu’il existe une différence fondamentale entre s’inspirer… et copier.

    Pourquoi la copie me touche autant

    Chaque sac et accessoire que je réalise est le fruit d’un travail minutieux, d’une réflexion personnelle et d’une véritable démarche artistique. Rien n’est laissé au hasard. Je mets tout mon cœur dans chacune de mes créations.

    Créer, pour moi, ce n’est pas produire un objet. C’est traduire une vision, une sensibilité, une manière d’être au monde.

    Alors quand quelqu’un copie mon travail, ce n’est pas juste une ressemblance visuelle. C’est une appropriation de mes idées, de mon regard, de mon identité créative.

    Et ça, c’est profondément injuste et irrespectueux.

    Ce n’est pas un compliment

    On m’a déjà dit : « Tu devrais être flattée, si on te copie, c’est que tu fais de belles choses. »

    Non.

    Je ne suis pas flattée. Je suis blessée.

    Copier, ce n’est pas admirer.

    C’est observer le travail de quelqu’un, puis décider de le reproduire pour son propre compte, en effaçant tout ce qu’il y a derrière : le temps, les recherches, les essais, les échecs, les doutes…

    Ce n’est pas de l’inspiration. C’est un raccourci.

    Les conséquences de la copie

    Au-delà de l’impact émotionnel, la copie a aussi des conséquences concrètes.

    Quand je dis que mes créations sont uniques, issues de mes propres patrons et de mon univers, et que l’on retrouve des objets très similaires ailleurs, cela fragilise la confiance. Cela sème le doute.

    Et cela banalise un travail qui, justement, ne l’est pas.

    Certaines personnes vont jusqu’à revendiquer comme leurs des créations qu’elles ont copiées, en se disant que « tout le monde le fait » .

    Non. Ce n’est ni normal, ni acceptable.

    Créer, ce n’est pas reproduire ce qui fonctionne chez les autres.

    Créer avec sa différence

    En tant que neuroatypique, j’ai mis des années à comprendre mon fonctionnement, à accepter ma différence, à en faire une force.

    Luunka est née de cette différence. C’est ma manière de m’exprimer.

    Alors quand quelqu’un copie ce que je fais, même partiellement, je le vis comme une agression.

    Parce que ce n’est pas juste un sac qu’on copie. C’est une part de moi. Une part que j’ai mis toute ma vie à construire, à protéger, à assumer.